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Variatio

Description

Variatio, 2015. Techniques mixtes, 300x300x300cm. Résidence/Production: Centre d’art du 3 bis f. © J.C. Lett.


Projet « Variatio »

Centre d’art du 3 bis f, Aix-en-Provence

Commissariat : Diane Pigeau

Le travail de Stéphane Protic joue sur les volumes, les pleins, les vides, leurs intimes correspondances. Au cours de sa résidence de création (octobre-décembre 2014) au 3bisf, son travail s’oriente sur la notion de module architectural, avec l’élaboration d’une cellule à l’échelle 1 – dans la lignée d’Absalon, cellule prototype, espace mental, esthétique minimaliste, travail sur la matière comme dans les Architectones de Malevitch-. S’inscrivant dans le lieu qui l’accueille, Stéphane Protic reprend les dimensions de la cellule, sur le modèle de celles du 3bisf. La cellule, neuf mètres carrés au format standard (celui des prisons ou des chambres universitaires), est pensée comme la première formule de l’unité d’habitation. Interrogation première sur la notion d’habiter et être habité… Le creux et le plein apparaissent. Aux murs, esquisses préparatoires, plans déployés, deux dimensions pour en suggérer une troisième. Variatio, variation, plans noirs, volume blanc, immaculé… Stéphane Protic travaille sur le cube de la cellule comme un sculpteur, à l’intérieur et à l’extérieur. Le vide de l’un est le plein de l’autre, à l’instar d’un négatif et d’un positif. On comprend les formes externes de Monolithe, en regardant à l’intérieur de cette sculpture immaculée, baignée dans un « son blanc » composé par Trécy Afonso. On a l’impression d’écouter un coquillage. Si l’œuvre présente un lieu possible d’habitation, avec son agencement, son mobilier, elle se veut aussi éphémère, espace mental, tant par sa couleur que ses formes, l’espace ici n’est pas fonctionnel, y poser un pied le briserait ! L’essentiel c’est aussi, sourit S. Protic, l’envie de réinjecter corps et vie dans un espace déshumanisé, effacé par les formes en épure, la lumière, la dimension sonore et poétique : bruit blanc dans un espace blanc. Après ses œuvres aux imposantes dimensions qui moulaient l’espace de larges pans noirs, (un noir analysé comme celui de Pierre Soulages), Stéphane Protic poursuit sa recherche sur l’espace et son appréhension, « sa mémoire éphémère », en se grisant de blancheur.

MARYVONNE COLOMBANI