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Forget If You Can

Description

Forget If You Can, 2011. Polyéthylène, bois, VMC. Centre d’Art Chapelle des Calvairiennes - Nuit Blanche, Mayenne.


Empreinte / l’envers du lieu

    « C’est en contre-impression que les membres architecturaux, couloirs, annexes et aménagements viennent épouser et contrarier la matière, décalque inversé et pellicule pauvre de ce qui ne laissera pourtant nulle trace. Conserver l’indice par l’empreinte renvoie à cette naissance de l’image en négatif: la chambre noire, le mythe du voile, la légende de l’ombre reportée en souvenir d’un corps (ou d’un lieu) un temps absenté, fixé non plus par projection de lumière mais par système d’extraction et/ou propulsion d’air qui vient ici sculpter l’idée. La Back room prend place dans le travail du sculpteur: non pas double d’un réel perçu, mais contre-moule d’un lieu alors fictionné et mis à nu par effacement et recouvrement. Ce corps à corps tantôt voué à la célébration d’une mémoire de fait lacunaire, tantôt à l’éphémère victoire d’un rituel d’adieu, n’est pas tant joué d’avance. Au regardeur d’arbitrer : que voir ?
    En oeuvrant par occultation, les corps étrangers de Stéphane Protic s’immiscent comme des repentirs ouvrant l’espace de fiction. A la fois présences sensibles et tenants lieux imaginaires, ils enveloppent un néant gonflé d’énigmes à percer dans l’advenue du regard, dans ce qui manque à l’oeil et inconforte les sens pour nous mettre en place, en demeure et au défi d’abstraire. C’est dans les réserves, les reculs, les espaces lacunaires et écarts soulignés qu’une passe se fait jour, et nous convoque dans les vides à pénétrer. »

Leïla Quillacq